Textes de Théâtre: Jean Tardieu

(dans le cadre de l'inauguration de "la scène" le 06 novembre 2014.)

Jean Tardieu naît dans l'Ain en 1903, d’un père peintre et d’une mère musicienne. Il travaille de nombreuses années à la radiodiffusion française. Avant tout poète, il écrit aussi pour le théâtre.

En 1926, il confie :« J’ai en moi une grande ennemie : une imagination sans frein, sans mesure, qui fonctionne à tous les moments de ma vie, à propos du moindre objet. C’est indépendant de ma volonté : je ne puis parvenir, moi, à voir les choses telles que vraisemblablement elles sont... »

Il fait son service militaire à Hanoï. Revenu en France, alarmé par la menace fasciste, il participe au Front Populaire. Chargé de rédaction dans l’hebdomadaire Toute l’Edition qui couvre particulièrement les domaines allemand et italien, il rend compte de la manière dont la National Socialisme allemand « assainit » les bibliothèques publiques et met la presse au service du Reich. A la veille de la guerre, il publie son premier volume de poésie, "Accents" (éditions Gallimard). Pendant l'occupation allemande, il intègre les mouvements de résistance et participe à la diffusion de plaquettes et d'émissions radio clandestines. Il se lie d'amitié avec Pierre Seghers, Paul Eluard, Raymond Queneau, Max-Pol Fouchet et Pierre Emmanuel. En 1944, "Figures" (éditions Gallimard) est son premier succès littéraire d'envergure. Le recueil « Les Dieux Etouffés » regroupe ses poèmes de la R ésistance.

En 1946, il crée à la Radio le Groupe de Recherche de Musique Concrète, avec notamment Pierre Scheffer et Pierre Boulez. Il est nommé directeur Artistique du Club d’Essai, un service de production expérimentale. Il accueille sur les ondes des philosophes, des écrivains, des peintres, des musiciens, des poètes… Selon Alain Trutat, « c’était un terrain vague de l’imaginaire où chacun pouvait planter ses fantasmes. »

Son Oeuvre remet en jeu les conventions des genres. L'auteur multiplie les expériences autour du langage poétique et de sa relation avec les mots du quotidien. Mêlant Théâtre et Poésie, il renouvelle la dramaturgie contemporaine avec des pièces "éclairs", données en un acte ("Le Théâtre de chambre", éditions Gallimard, 1955; "Poèmes à jouer", éditions Gallimard,1960)

parallèlement, il crée la section française de la COMES (1959), avec pour but d'établir un lien entre écrivains européens et écrivains d’URSS. L'association apportera une aide effective a des écrivains, soviétiques, espagnols et portugais, les tirant de prison ou adoucissant leurs conditions d'emprisonnement.

Mai 68 le déconcerte. La générosité de la jeunesse lui paraît recouverte par « un caractère doctrinal négatif ». En 1969, il prend sa retraite de l’ORTF, mais reste membre du Conseil des programmes.

Aimé et admiré d'un public toujours plus large, Jean Tardieu reçoit le Grand Prix de Poésie de l'Académie française en 1972 et le Grand Prix de la Société des Gens de Lettres en 1986. Celui qui regrettait non sans humour en 2002 : « L’humour, toujours, hélas !... » se définissait comme "un tendre angoissé". Deux jolis traits pour un caractère bien trempé. 

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